En circonscription

Le jeudi 5 septembre, j’organisais une réunion publique au Palais des Congrès de Pontivy sur le thème : « L’Europe sur notre territoire : quels enjeux pour l’agriculture et l’alimentation ? ». Plus de 200 personnes sont venues y assister et ont pu échanger avec Catherine Geslain-Lanéelle, déléguée ministérielle auprès du Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, candidate de la France et de l’UE au poste de Directeur général de la FAO aux élections de juin 2019, et ancienne directrice de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ; Olivier Allain, Vice-Président du Conseil régional de Bretagne, chargé de l’agriculture et de l’agroalimentaire ; et Jacques Carles, président et fondateur du think tank Agriculture Stratégies.

La PAC et sa réforme à venir, les échanges commerciaux et la sécurité alimentaire en Europe étaient au menu des discussions de la soirée. Après un temps d’échange entre les intervenants, la seconde partie de la réunion était consacrée à un débat libre avec le public.

Je me félicite de la qualité des interventions et du débat qui ont permis aux différentes sensibilités de s’exprimer. Au-delà de nos divergences, nos échanges passionnés témoignent d’une prise de conscience partagée des défis auxquels fait face notre agriculture : adaptation aux changements climatiques, transition vers une agriculture plus verte, préservation de notre souveraineté alimentaire, renouvellement générationnel…

Je constate que la transition agro-écologique est continuellement revenue lors de nos échanges. Nous sommes en effet à un tournant et nous ne reviendrons plus en arrière. Cette nécessaire transition ne se fera toutefois pas sans les agriculteurs. Elle ne se fera pas non plus contre eux. Le défi est immense et doit être relevé collectivement sans opposer frontalement les modes de production ou dénigrer nos paysans.

Alors que la prochaine PAC est en cours de négociation à Bruxelles, je tenais, par cette réunion, à souligner son importance pour notre territoire : les agriculteurs bretons reçoivent chaque année 540 millions d’euros dans le cadre de la PAC. 85% de cette somme correspond au premier pilier, c’est-à-dire aux aides directes visant à fournir un revenu minimal aux agriculteurs. Le reste correspond au second pilier, c’est-à-dire à la politique de développement rural qui finance des mesures allant de la modernisation des exploitations à la formation des agriculteurs, en passant par les aides à l’installation ou à l’agriculture biologique.

Chaque année, les aides directes aux agriculteurs de notre circonscription représentent environ 30 millions d’euros, soit une aide moyenne par exploitation et par an de 20 200€. A cela s’ajoutent les aides du 2nd pilier qui ont permis de financer 502 projets depuis 2014 pour un montant total de 11,8 millions d’euros sur notre circonscription.

La PAC est donc capitale pour l’économie de notre territoire et les évolutions envisagées par sa réforme (diminution des budgets, plus grande marges de manœuvre pour les Etats-membres, verdissement des aides, …) suscitent des craintes et des interrogations légitimes.

Je crois toutefois que l’Europe est résolument le bon échelon pour répondre aux défis qui se présentent à nous. La politique agricole commune est un symbole de la construction européenne. Elle structure l’agriculture de notre continent et garantit la cohérence de notre action. La future PAC devra ainsi matérialiser notre ambition environnementale, accompagner la transformation des filières, protéger les territoires les plus fragiles, renforcer les outils de gestion des risques et des crises, ou encore assurer le renouvellement générationnel et la vitalité des zones rurales. Le budget de la PAC doit être à la hauteur des défis de l’agriculture de demain. La position de la France est claire à ce sujet et a été rappelée dans le mémorandum de Madrid : le budget de la PAC doit être maintenu à son niveau actuel de l’UE à 27.

Au-delà de la PAC, l’Union constitue aussi le premier partenaire commercial du Morbihan : 60% de nos exportations et 54% de nos importations. Les produits agricoles et agroalimentaires constituent par ailleurs, et de loin, le premier excédent commercial de notre département. Nous sommes donc particulièrement concernés par les règles du marché intérieur et la politique commerciale de l’UE.

L’UE fixe enfin le cadre réglementaire visant à garantir la sécurité alimentaire sur son territoire. Nous disposons de la réglementation la plus stricte au monde en la matière, et la protection des consommateurs doit être la priorité de la politique européenne. C’est le sens de la proposition du Président de la République visant à créer une force européenne d’enquête et de contrôle pour mieux lutter contre les fraudes alimentaires et garantir la sécurité sanitaire des aliments.

Ces sujets majeurs pour notre territoire méritent d'être discutés collectivement. Il me parait donc essentiel d'organiser ce type d'événement associant citoyens et experts pour garantir la vitalité du débat public. Je me réjouis du succès de cette réunion publique. La richesse de nos discussions et les retours de mes concitoyens m'encouragent à renouveler l'expérience sur d'autres thématiques.
 


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