À l'Assemblée

J'étais à l'Elysée, auprès des agriculteurs du Morbihan, pour le discours du Président de la République à la nouvelle génération agricole.

Emmanuel Macron a tenu un discours de vérité aux 1000 jeunes agriculteurs invités, se refusant aux promesses intenables mais avec la ferme ambition d'enfin transformer notre modèle agricole.

Le Président de la République a une nouvelle fois confirmé son engagement pour assurer l'avenir de notre agriculture.

Il s'est exprimé sur les dossiers qui suscitent actuellement l’inquiétude des agriculteurs :

- MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques) : 100 % des paiements seront effectués au printemps (90 % l’ont été jusqu’ici).

- ICHN (indemnités compensatoires de handicaps naturels) : « il y aura beaucoup plus de gagnants que de perdants » dans la nouvelle carte (1380 sorties, 4900 entrées). Et pour les perdants, il y aura un vrai travail d’accompagnement avec deux années de transition.

- Mercosur : les lignes rouges posées par la France sont respectées dans la négociation en cours. « Il n’y aura aucune réduction de nos standards dans la négociation » et, pour s’assurer que ces standards soient respectés, les contrôles douaniers seront renforcés. Une clause de sauvegarde permettra par ailleurs de suspendre l’application de l’accord si un secteur est déstabilisé. Il faut dénoncer « l’hypocrisie » imputant à un accord qui n’est pas encore signé les difficultés de certaines filières, notamment de la filière bœuf (70% de la viande bovine en restauration sont actuellement importés).

- Glyphosate : le Président a salué la mise en mouvement. Il y a aujourd’hui des solutions dans 90% des cas, et pour les 10% restants, « personne ne sera laissé sans solution ».

 

Au-delà de l’actualité immédiate, le Président a appelé à une « révolution culturelle » consistant à passer de l’exploitant agricole à l’entrepreneur agricole, avec pour cap « la possibilité de vivre du juste prix payé ».

Pour permettre aux agriculteurs de mener à bien cette mutation, le Président a pris plusieurs engagements :

- Assurer une gestion du risque. Cela passera d’abord par la prochaine PAC (politique agricole commune) : « quand il y a des chocs, l’Europe doit protéger ». Cela passera ensuite par une nouvelle fiscalité agricole, avec une refonte des déductions pour aléa et investissement et la mise en place d’une épargne de précaution dès 2019.

- Assurer la stabilité des dispositifs. Au mois de mai prochain, nous aurons défini notre stratégie nationale en détails pour pouvoir l’intégrer à la PAC que nous défendrons au niveau européen, pour éviter des « bricolages » au sein de la prochaine PAC.

- Agir sur le foncier agricole, pour préserver les terres et attirer de nouveaux talents. Cela passera par des outils innovants pour faciliter le portage entre les générations, et par des verrous règlementaires pour mieux contrôler les investissements, car « les terres agricoles sont un investissement stratégique ». C’est un enjeu de souveraineté.

- Réformer la protection sociale : « nous devons donner aux agriculteurs les mêmes droits que dans les autres secteurs », en matière de congé maternité, de retraites, de congés.

- Investir 5 Mds € dans le cadre du grand plan d’investissement. En amont : 1 Md € de prêts garantis en lien avec la banque européenne d’investissement, 100M€ de fonds de prêt à la méthanisation avec Bpifrance. En aval : 200 M€ d’investissement direct en fonds propres dans des TPE/PME avec Bpifrance, renforcement du fonds de prêts sans garantie pour les PME/ETI à hauteur de 1,4 Mds €.

 

Enfin, il a été rappelé que chacun a sa part de responsabilité pour faire réussir cette transformation.  Les Français doivent intégrer dans leurs choix de consommation que « produire a une valeur ».

 

Les Etats généraux de l’alimentation et de l'agriculture, auxquels j'ai participé, ont dressé un constat et proposé des pistes pour refonder notre modèle agricole.

Le "Projet de loi pour un équilibre des relations commerciales et une alimentation saine, sûre et durable" sur lequel nous avons déjà commencé à travailler à l'Assemblée doit permettre de concrétiser certaines des propositions qui ont émergé de cette grande consultation.

 


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