Nicole LE PEIH

Retour sur la mission flash sur la prévention et la gestion des crises sanitaires dans les élevages

Il y a des missions parlementaires qui marquent davantage que d’autres.

La mission flash à laquelle j’ai participé sur la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en fait partie.

 

Cette épizootie bovine a conduit dans certains cas à une décision lourde : le dépeuplement de troupeaux. Derrière ce mot administratif, il y a une réalité brutale.

 

Ce que j’ai vu sur le terrain : 

Lors de nos déplacements, notamment dans le Jura, nous avons rencontré des éleveurs.

Des femmes et des hommes souvent discrets, peu enclins à se plaindre. Pourtant, ce jour-là, leurs mots disaient l’essentiel : la fatigue, l’incompréhension, parfois la résignation.

Et surtout, cette phrase qui revient : « On n’avait pas le choix. »

 

Car un troupeau n’est pas seulement un outil de production.

C’est le résultat d’années de travail, de soins quotidiens, d’attention constante. C’est une fierté. C’est aussi un attachement réel, souvent profond. Et dans certains élevages, c’est une histoire familiale.

 

Quand le troupeau disparaît, ce n’est pas seulement un cheptel qu’on perd.

C’est parfois une trajectoire professionnelle qu’on voit vaciller.

Et ce sont des lignées génétiques construites sur plusieurs générations qui s’éteignent.

 

Une crise sanitaire… mais aussi une crise humaine

Cette mission flash m’a convaincue d’une chose : face à ce type d’événement, la réponse publique ne peut pas être uniquement technique.

 

 D’abord, l’annonce et l’accompagnement.

Plusieurs éleveurs nous ont dit avoir vécu la décision comme une annonce froide, brutale, administrative. Dans ces moments-là, la manière de dire compte autant que la décision elle-même.

 L’accompagnement psychologique et social doit être systématique, structuré et inscrit dans la durée.

 

 Ensuite, la transparence des enquêtes épidémiologiques.

Beaucoup posent une question simple : pourquoi chez moi ? pourquoi ici ?

Quand les réponses ne sont pas claires, la confiance s’érode. Ces enquêtes doivent être rapides, rigoureuses, et leurs conclusions mieux partagées.

 

 Enfin, la question des mouvements d’animaux.

Le contrôle des transports et la traçabilité doivent être irréprochables. Les vendeurs et intermédiaires ont une responsabilité majeure. Et lorsque des manquements sont constatés, ils doivent entraîner des sanctions.

 

Ce que cette mission nous rappelle : 

Cette crise nous oblige à regarder plus loin que l’urgence.

Avec le changement climatique, l’intensification des échanges, et la circulation accrue des maladies, d’autres menaces sont déjà à nos portes. Certaines sont connues : peste porcine, clavelée… et d’autres émergeront.

 

Nous devons donc renforcer notre capacité d’anticipation :

  • mieux former tous les acteurs (éleveurs, transporteurs, négociants, techniciens),
  • ancrer durablement les pratiques de biosécurité,
  • et surtout consolider le maillage vétérinaire, aujourd’hui fragilisé dans trop de territoires ruraux.

 

Je veux enfin saluer l’engagement de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés dans cette crise : services de l’État, vétérinaires, techniciens… et bien sûr les éleveurs, qui ont souvent fait preuve d’un sens remarquable des responsabilités, parfois au prix de décisions profondément douloureuses.

 

Agricultrice à la retraite, cette mission flash a renforcé une conviction : derrière chaque crise sanitaire, il y a des femmes, des hommes, des familles, et tout un territoire.


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