À l'Assemblée
Intervention hémicycle Egalim

La loi, issue des EGA, « pour un équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire » aborde le bien-être animal en pénalisant plus fortement toutes les maltraitances. Des députés ont même proposé d’aller plus loin en interdisant l’élevage en batterie et notamment celui des poules pondeuses. Sachant l’important effort réalisé par les éleveurs lors la mise aux normes bien-être en 2013 et la récente évolution vers un élevage orienté en plein air, j’ai réagi le 27 mai et plaidé la cause de producteurs :

Agricultrice de profession, je souhaite faire part de quelques réflexions sur le sujet qui nous préoccupe.

La France est le premier producteur d’œufs en Europe : 14 milliards sont produits chaque année et une moyenne de 220 consommés par personne et par an. La France possède quatre types d’élevages : les poules pondeuses en cage, les poules élevées au sol, les poules élevées en plein air et les poules bio. Quel luxe pour l’achat d’un œuf : quatre choix ! Il est vrai qu’une attente sociétale existe concernant les conditions d’élevage, et c’est bien légitime. Le Président de la République a pris à cet égard des engagements forts pendant la campagne. Pour y répondre, le Gouvernement privilégie la responsabilité des acteurs de la filière, qui se sont engagés à dépasser le niveau de 50 % la production d’œufs en élevages alternatifs d’ici à 2022.

Chers collègues, cela fonctionne. Plusieurs grandes surfaces se sont engagées à ne vendre que des œufs « plein air » à cet horizon. L’interprofession des œufs n’a pas attendu en proposant récemment un plan de transformation avec cinq axes alliant recherche, innovation, responsabilisation des éleveurs, évolution des pratiques et prévention de la maltraitance.

Il faut faire confiance à la filière et ne pas attendre tout de la loi. Je peux en témoigner en tant qu’éleveuse de volailles en plein air en contact quotidien avec les animaux. Je n’ai pas attendu pour assurer le bien-être au sein de mon élevage et de mon atelier de transformation : il y a déjà deux ans, j’ai suivi la formation au bien-être animal proposée par l’avipôle de Ploufragan – c’est le premier avipôle de France –, avant que mes salariés, et même mon apprenti, dernièrement, en bénéficient.

Passer par la loi et par des objectifs théoriques risquerait de fragiliser la filière, en cassant une dynamique et en favorisant de fait des importations massives d’œufs produits sans traçabilité alimentaire ni sécurité sanitaire.

Il faut privilégier le travail dans la confiance et assurer une meilleure lisibilité aux producteurs, auxquels on impose des normes changeantes. Rappelez-vous : il y a cinq ans, en 2013, alors que l’Europe proposait des cages d’une certaine dimension, les éleveurs ont investi des milliers d’euros – plus de 500 000 euros, parfois – dans cette mise aux normes.
Cinq ans plus tard, suivant l’attente sociétale, on demande à ces éleveurs, encouragés
précédemment à investir dans l’élevage en cage, de modifier cette production.

Chers collègues, faisons confiance aux agriculteurs français, qui ont su et qui sauront s’adapter aux demandes sociétales. Ne leur imposons pas nos contradictions et ne leur demandons pas l’impossible. Il nous revient d’accompagner le changement dans la réalité, non dans la brutalité.

 


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