À l'Assemblée

Neuf mois après le lancement des Etats Généraux de l’Alimentation et l’intense concertation conduite entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs, pour son élaboration, j’ai voté avec conviction le 30 mai ce projet de loi Agriculture et Alimentation. Il change de manière radicale les rapports entre agriculteurs et distributeurs et fixe un nouveau cadre de relations entre agriculteurs et consommateurs. Je crois que cette loi ouvre des voies économiques nouvelles pour l’agriculture. La balle est maintenant entre les mains des agriculteurs et de leurs organisations. A eux d’agir. Je crois aussi que la richesse verte et environnementale de l’agriculture peut être valorisée.

Cette loi concrétise les engagements pris par le Président de la République de transformer l’agriculture française en redonnant une juste rémunération aux agriculteurs dans la fixation des prix et de faire évoluer les pratiques agricoles sur l’utilisation des phytosanitaires et le bien-être animal.

Aujourd’hui, j’entends les craintes et les inquiétudes de nos concitoyens sur le bien-être animal et le glyphosate. La violence des propos entendus et des courriers reçus m’interpelle. Il ne faut pas tomber dans le piège de ne retenir dans cette loi que deux marqueurs : le glyphosate et le bien-être animal. Les objectifs initiaux de cette loi sont doubles : une meilleure répartition de la valeur au bénéfice des agriculteurs et un encouragement à la modification des pratiques agricoles. Cette loi répond bien à ces objectifs. 

De la même manière qu’il faut trois ans pour transformer une exploitation conventionnelle en exploitation biologique, il faut donner du temps à l’agriculture pour faire évoluer ses modèles de production. Surtout, il faut accompagner et faire confiance aux filières.

Sur le glyphosate, il faut rappeler que l’interdiction, prévue initialement dans dix ans par l’Union Européenne, a été ramenée à cinq ans par la France. Plus encore, la France s’est engagée à en sortir en 3 ans. Notre pays est donc moteur de cette transformation, et c’est bien lui qui a mis le débat du glyphosate sur la table. Cet engagement est toujours maintenu comme un axe majeur de notre action. La mise en place d’un groupe de travail parlementaire pour veiller au respect de cet engagement en témoigne. L’urgence, aujourd’hui, est de trouver les solutions concrètes pour en sortir et faire de nos engagements une réalité. C’est pour cette raison qu’un plan de recherche, d’accompagnement et de formation est prévu par le gouvernement et qu’une mission parlementaire a été mise en place.

Par ailleurs, le vote de la loi n’a pas détricoté cet engagement, bien au contraire, en élargissant le champ d’action à tous les phytosanitaires en séparant les activités de vente, des activités de conseil. Voilà une transparence qu’il faut saluer.

Sur le bien-être animal, agricultrice en production animale en circuit court, je prends soin quotidiennement de mes animaux et j’ai suivi avec mes salariés toutes les formations nécessaires pour respecter leur bon état de santé et diminuer leur stress. Les éleveurs font de même. Je suis intervenue à la tribune de l’Assemblée nationale le dimanche 25 Mai pour rappeler ces réalités. La nouvelle loi va dans ce sens en sanctionnant plus lourdement tout dérapage dans la maltraitance animale. L’interdiction de la mise en production de tout bâtiment nouveau ou réaménagé d’élevage de poules pondeuses élevées en cages afin de répondre à une forte demande des consommateurs a aussi été votée.

Ce projet de loi agricole ambitieux et réaliste, respecte les demandes des consommateurs et des producteurs, sans opposer condition animale et condition paysanne. Il m’appartient en tant que députée de tenir compte de tous les acteurs pour engager une transformation nécessaire pour une alimentation saine, sure et durable. C’est à ces objectifs que répond cette loi.


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