Lettre d'information - Septembre 2026

Prix de l'essence : méfions-nous des fausses bonnes idées

 

Les Françaises et les Français méritent mieux que des mirages.

 

Alors que la campagne présidentielle s'installe, certains candidats brandissent déjà des solutions miracles sur le prix des carburants. Or décréter une baisse à la pompe ne fait pas disparaître les coûts : cela ne fait que déplacer la facture.

 

Dans le Morbihan, le sujet n'a rien d'abstrait. Pour beaucoup d'entre nous, la voiture n'est pas un confort mais une nécessité. Elle permet d'aller travailler, d'emmener nos enfants à l'école, de se soigner ou d'accéder aux services, là où les transports collectifs ne suffisent pas.

 

Rappelons d'abord comment se forme le prix d'un litre. Il additionne le pétrole brut, le raffinage, le transport et la distribution, puis les taxes. Or le brut comme les carburants raffinés dépendent largement des marchés internationaux. Une crise géopolitique, comme la guerre en Iran aujourd'hui, une baisse de production ou des tensions sur le raffinage suffisent à faire grimper les prix, et la France ne décide pas seule du cours mondial.

 

C'est ce qui rend trompeuses deux propositions que l'on entend beaucoup.

 

La première voudrait qu'il suffise de baisser les taxes. Certes, cela ferait baisser le prix à la pompe. Mais une taxe supprimée, c'est aussi de l'argent en moins pour nos hôpitaux, nos écoles et nos services publics. Il faudrait alors réduire la dépense, s'endetter davantage ou trouver d'autres recettes. La vraie question n'est donc pas de savoir s'il faut baisser, mais de combien, pour qui et avec quel financement.

 

La seconde voudrait bloquer les marges des grands pétroliers. Sur le plan juridique, cela semble possible : l'État l'a déjà fait en 1990, pendant la guerre du Golfe. Mais l'exercice reste économiquement délicat. Bloquer sans en mesurer les effets peut conduire les opérateurs à exporter leur production vers des marchés mieux rémunérés, avec un risque de pénurie chez nous. Ce n'est pas une solution miracle : c'est un outil, qui demande de la précision et de la transparence sur les chiffres. S'il devenait le seul levier efficace, je n'aurais aucun scrupule à demander que les pétroliers acceptent un encadrement temporaire de ses marges.

 

Pour autant, il ne s'agit pas de rester les bras croisés. L'État doit surveiller les marges, sanctionner les comportements abusifs et veiller à ce que les évolutions de coûts soient correctement répercutées à la pompe, à la baisse comme à la hausse.

 

Notre responsabilité est double. Il faut d'abord protéger dès aujourd'hui ceux qui dépendent de leur voiture pour travailler, en ciblant les aides sur les actifs qui parcourent de longues distances plutôt qu'en finançant des baisses pour tous. Il faut aussi préparer demain, en développant le covoiturage, les transports collectifs et des solutions de mobilité adaptées à nos territoires ruraux. Demander à un habitant du Morbihan de moins utiliser sa voiture alors qu'aucune alternative crédible n'existe serait profondément injuste.

 

Je crois à une politique qui respecte les Français : qui dit la vérité sur les contraintes, assume le coût de ses décisions et agit concrètement sans hypothéquer l'avenir. Nos concitoyens n'ont pas besoin de promesses financées à crédit, mais de solutions efficaces, financées et justes pour tous les territoires.

 

Protéger aujourd’hui le pouvoir d’achat tout en préparant demain, sans pénaliser les territoires ruraux : voilà la voie juste et responsable.
 

Nicole LE PEIH

Votre députée

--> Lire la suite


Articles similaires

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée !

Suivez mon actualité !

Inscrivez-vous à la newsletter pour suivre mes actualités.

Nous utilisons Brevo en tant que plateforme marketing. En soumettant ce formulaire, vous acceptez que les données personnelles que vous avez fournies soient transférées à Brevo pour être traitées conformément à la politique de confidentialité de Brevo.

Catégories

Derniers articles