Lettre d'information - Juin 2026

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

Le 30 juin, les députés ont, une nouvelle fois, adopté la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. J'ai voté en faveur de ce texte avec une conviction profonde. Au-delà de mon engagement de députée, j'ai été confrontée, comme beaucoup d'entre nous, à la réalité de la fin de vie, à la souffrance de personnes que l'on aime et à l'impuissance face à certaines situations où la médecine ne peut plus apaiser. Cette expérience nourrit ma conviction de Parlementaire qu'il est de notre responsabilité d'offrir, dans des conditions strictement encadrées, une réponse humaine à celles et ceux qui vivent des souffrances devenues insupportables. Le texte doit désormais retourner au Sénat, qui devrait à nouveau le rejeter, avant un vote définitif de l'Assemblée nationale prévu le 15 juillet.

 

Ce débat n'oppose pas les défenseurs de la vie à ceux qui ne la respecteraient pas. Il rassemble des femmes et des hommes qui, quelles que soient leurs positions, sont animés par une même volonté : protéger les plus vulnérables. C'est précisément parce que cette question touche à l'intime qu'elle mérite mieux que les postures ou les procès d'intention.

 

J'ai fait le choix de soutenir cette proposition de loi parce qu'elle ne crée ni une obligation, ni un droit sans limites. Elle ouvre une possibilité, dans des conditions très strictes et encadrées. Seules les personnes majeures, atteintes d'une affection grave et incurable, engagée à un stade avancé ou terminal, souffrant de manière réfractaire aux traitements ou insupportable selon leur appréciation, pourront, après une procédure médicale collégiale et un délai de réflexion, demander une aide à mourir. À tout moment, elles pourront revenir sur leur décision. Les professionnels de santé conserveront, quant à eux, une clause de conscience.

 

Cette loi ne se substitue pas aux soins palliatifs ; elle les complète. Les deux textes ont d'ailleurs été pensés ensemble. Nous devons poursuivre le développement des soins palliatifs sur l'ensemble du territoire afin que chacun puisse bénéficier d'un accompagnement de qualité. Mais lorsque la médecine ne peut plus soulager certaines souffrances, je considère que la République doit aussi reconnaître la liberté de chacun de décider, en conscience, de sa propre fin de vie.

 

Le 15 juillet, notre Assemblée aura la responsabilité de se prononcer définitivement. J'espère que notre pays franchira cette étape avec sérénité, dans le respect de toutes les convictions.

 

Nicole LE PEIH

Votre députée

 

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